Hors jeu ou TSA

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Giuliani Couchepin Gabarit écrit :

 » Comme dans le domaine du Haut Potentiel Intellectuel, le Syndrome d’Asperger peine à trouver une validation tranchée en terme de diagnostic. En 1994 le DSM IV (American Psychiatric Association, 1994) lui conférait une place en tant qu’entité spécifique différenciée des autres Troubles Envahissants du Développement (TED: Trouble Autistique, Syndrome Asperger, Trouble Envahissant du Développement non spécifié, Syndrome de Rett et Trouble Désintégratif de l’Enfance). Un trouble de la communication, des interactions sociales déficitaires, des intérêts restreints et des comportements stéréotypés caractérisaient les Troubles du Spectre de l’Autisme. Dans ce tableau clinique, auquel est ajouté un profil sensoriel et perceptif dont la modulation est altérée, le DSM V (American Psychiatric Association, 2015) rattache toujours le syndrome d’Asperger dans la catégorie des Troubles du Spectre de l’Autisme (TSA) mais le définit désormais non comme une catégorie spécifique mais sur l’extrême pôle positif d’un continuum englobant tous les TSA. Le curseur serait alors, pour poser un diagnostic de Syndrome d’Asperger, de cibler quelles altérations de fonctionnement – légères vs graves – handicaperaient le patient, cela sur une échelle de sévérité élaborée en fonction du besoin de soutien qu’il faudrait mobiliser pour un fonctionnement le plus adapté possible. SEES / REVUE ECONOMIQUE ET SOCIALE > numéro 4 décembre 2016 2 D »

Illustration : Curseur-Frontière en vert, et les bulles blanches pour les hors jeu

Je réagis :

Voilà sans doute la raison pour laquelle bon nombre de personnes, HP, adultes plus ou moins insérés dans la société, femmes sont déclarés non asperger, ils ont réussi à masquer leur différence, ils sont de bons acteurs, ils ont même presque intégré le modèle NT ! sauf qu’au dedans… ils sont perdus, total,

ils se sont débrouillés bon an mal an, ont souffert un enfer, mais après tout, on les voit ici, un métier en main, même s’ils se font virer assez souvent ou sont en arrêt maladie régulièrement, avec un sourire sur les lèvres,  pourquoi ne pas sourire, c’est mieux en société, ça s’apprend plus ou moins tôt. Ne pas afficher ses sentiments, ou ne pas savoir les afficher…

Ils ont appris à aller à la pêche aux sentiments négatifs, pour leur donner un nom… Ils ressentent un immense mal-être et une grande colère, et ils ne savent pas que c’est un sentiment ou plusieurs coincés là, qu’est-ce qui les a mis dans cet état ? après tout, ils étaient tranquilles, c’est un éclat de lumière, un petit bruit qui les a perturbés.

 » Monsieur le Psy, je crois que je suis asperger…. parce que depuis que j’ai lu là-dessus, je pense avoir la clé de mon enfance, de mon adolescence et aussi de mon âge adulte. Il y a des asperger dans ma lignée, en suis-je une ? « 

La clé pour tous les emmerdes que j’ai enchaînées depuis longtemps, la clé pour comprendre pourquoi je ne savais pas jouer avec les autres, qui ne voulaient pas perdre, moi, j’aurais aimé jouer, eux, voulaient gagner, comment gagner avec quelqu’un qui ne sait pas ce qu’il faut faire vraiment.

« Ah, non ? je ne suis pas dans les limites du TSA, peut-être un petit peu ? plutôt non, plutôt comme tout le monde ? Ah bon ?

 »    –  Madame, vous n’êtes pas Asperger, l’entretien d’aujourd’hui est terminé. Et il n’y en aura pas d’autre.                                                                                                         –       –  Je suis quoi, alors ?                                                                                                               –  Je ne sais pas, Madame.

Et comme c’est le cas pour beaucoup d’adultes, de femmes, de HP, je repars interdite. Mon entourage qui me connaît, n’en croit pas un mot, et moi non plus.

moi,

JE VEUX SAVOIR POURQUOI, pourquoi j’ai dû tant me battre pour comprendre ce monde, bizarroïde. Pourquoi est-ce difficile de comprendre les consignes, alors que je suis intelligente ? Pourquoi faut-il que je les écrive et que je les suive pas à pas comme un guide  pour monter un meuble ? J’ai encore du mal à imaginer comment aller laver ma voiture au lavage automatique… alors que pas trop de souci informatique.

Non, Monsieur le Psy, je ne vous crois pas. Vous avez regardé, écouté, fait le bilan sur ce que vous avez vu : une femme souriante, avec des diplômes, bien sans sa peau (savez-vous que j’ai pris la route du bonheur depuis que je m’intéresse au monde normal des Asperger ? non, bien sûr). Vous m’avez vu, un résultat extérieur correct, une grand-mère moderne, vous n’avez pas écouté ni réfléchi à ce que j’ai essayé de vous dire : je voulais vous raconter comment j’ai pu progresser, comment je me suis battue contre mes « tares » : trop excessive, trop calme, trop ingénue, trop dure, trop méfiante, trop synthétique, trop floue, trop paresseuse, trop anxieuse, trop marrante, trop bizarre, trop seule, trop égocentrique, et trop généreuse…

Pas de collègues pour se souvenir de moi, un métier où j’ai souffert énormément, je ne reconnais pas les visages, pour un prof, c’est un handicap, et un prof comme ça, c’est trop bien pour les élèves ! un prof qui croit tout ce qu’on lui dit ! Les élèves aiment la franchise, n’est-ce-pas ? Puis quoi faire avec les collègues qui parlent de leurs réussites, de la mode ou autre ? Ecouter, écouter…

Bref, je recherche un moyen pour vérifier si toutes mes « difficultés » qui m’ont accompagnées le long de ma vie, sont neurologiques ou disons, dues à un ou deux  traumatismes par là, quand j’avais 3-4 ans… ou pire,

signé au nom de toutes les personnes hors jeu, et hors jeux d’enfance.

 

 

 

 

Asperger et Surdoué

Différences et ressemblances entre les Asperger et les Hauts Potentiels.

voici un tableau bien utile que j’ai traduit. N’oubliez pas que ce sont des spécialistes qui donnent leur point de vue (choquant parfois) :

lire ici le tableau des correspondances en français icisurdoué-asperger.

Voici le lien en anglais : Giftedness-Asperger

Découvrez comment vous pensez

penseeTrois modes de penser :

pensée linguistique, pensée en images et pensée systémique

Nous savions déjà qu’il existent deux types de pensée. Les uns disent qu’ils voient en image… les autres disent que non, eux, ils ne voient pas, ils pensent, ils pensent en mots.

Moi, je pense en images : quand j’ai un message à transmettre, tout me vient d’un coup, comme une grande vision, une toile d’araignée. C’est tellement présent que cela peut carrément me bloquer, c’est envahissant.

Quand je dois donner des explications par rapport à ce message que je dois transmettre, j’ai l’impression de commencer à démêler de la laine. Je commence donc par un bout qui semble le plus près de moi. J’expose mon sujet, et j’ai tout de suite le droit à plein de questions. Au bout d’un moment, après avoir répondu aux questions qui m’énervent, j’entends mon interlocuteur énervé aussi me dire : « si tu avais commencé par le début ! »

Il est où le début, le début, il est ouùùùù ? il est où, le début d’un brouillamini de laine ?

Je viens de lire un passage du livre de Temple Grandin. Elle pense en images et croyait que tous les asperger aussi…           et non !

Il existe des pensées linguistiques, avec des mots, les uns après les autres…  moi, je pensais qu’on disait « pensée linéaire ». Pratique, à mon avis pour parler… ce sont eux, qui me demandent de commencer par le début, ce sont eux, qui savent rédiger des dissertations, ils ont plus de facilité pour hiérarchiser leurs idées. Encore une fois, ce que j’écris là, n’engage que moi et seulement aujourd’hui.

Temple Grandin précise sa première théorie, qui disait qu’il n’existait que deux manières de penser dans sa tête : la pensée en images et la pensée linguistique.                                                               En prenant contact avec une chercheuse d’Amérique Latine, elle finit par comprendre qu’il y a des gens qui sont prédisposés à penser encore d’une autre manière : Ils pensent en « système », ils trouvent des « patrons récurrents »,  (pattern : modèle, schéma) partout. Ce sont les joueurs d’échecs, les programmeurs, les matheux, et les musiciens… etc. Et oui ! ils voient des ressemblances systématiquement dans ce qu’ils regardent ou lisent… la  pensée systémique.

Bien sûr… nous avons la chance d’avoir tout ça en nous, Temple Grandin ne le dit pas dans son chapitre, mais moi, je le pense, nous avons tous ces trois modes en nous. Par contre, nous avons un mode de pensée que nous privilégions : moi, c’est le visuel. Je me retrouve à « traduire » mes images en mots, en linéaire, pour expliquer et communiquer, comme maintenant. Et vous ?

La pensée visuelle:

Temple Grandin dit aussi qu’il y a deux manières de visualiser, en géométrie et en figuratif. Je ne suis pas docteur, et ce que j’imagine, c’est que penser géométrique, c’est un peu faire coïncider pensées « images » avec les « systèmes ». Et penser « images figuratives », c’est penser comme des photos, des instantanés, des sensations, des émotions, d’un seul coup. Ce ne sont pas des suites d’images, comme le feraient peut-être les penseurs linguistiques quand ils disent « visualiser », non, c’est un monde en couleurs, en odeurs et en sensations, qui surgit dans la tête, avec les émotions en prime. Qui surgissent, agressent, envahissent… par associations d’idée, provoquées, par quoi au juste ?

C’est ce que j’ai du apprendre, à écouter ces émotions, pour identifier les paysages intérieurs…  apprivoiser les autres façons de penser qui sont en moi… qui s’inscrivent toujours dans le visuel, toujours.

Je pense que c’est la même chose pour les personnes qui fonctionnent prioritairement avec une pensée systémique, ou bien une pensée linguistique… ils doivent apprivoiser la visualisation, avec les mind mappings ou la systémique avec des cours d’analyses et d’exercices… par contre, malgré mon entêtement, je n’ai jamais réussi l’exercice de dissert. 🙂